II) Est-il nécessaire de se souvenir ?

B) La mémoire collective

       

             La mémoire permet d'enregistrer des informations venant d'expériences et d'événements divers, de les conserver et de les réutiliser.

Il existe trois formes de mémoire :

  • La mémoire immédiate qui porte sur des événements récents et ne dure pas.

  • La mémoire à court terme qui permet de retenir quelques éléments pendant un court moments. Elle stocke temporairement les informations.

  • La mémoire à long terme qui permet de retenir durablement des souvenirs.

    Mais cette mémoire se divise en deux types :

            - La mémoire implicite qui permet d'apprendre sans en prendre conscience.

            - La mémoire explicite qui elle concerne les faits anciens et de faits récents.

    Mais pour qu’il y ait mémoire, il faut des souvenirs.

    Un souvenir est la survivance, dans la mémoire, d'une sensation, d'une impression, d'une idée, d'un événement passé.

    La mémoire collective est l'ensemble des faits du passé qui peuvent avoir pour effet de structurer l'identité d'un groupe. Elle façonne l'identité et l'inscription dans l'histoire des individus concernés. La mémoire a besoin de l'histoire car elle repose sur des faits établis, sinon il s'agirait de rumeurs plus que de mémoire.

    Cette mémoire est construite et partagée par un groupe, une société, une nation, un pays ou un groupe de pays. Les êtres humains « se rappellent » et « oublient » de façon collective.

D'ailleurs, Maurice Halbwachs, un sociologue français, créateur du terme « mémoire collective », tentait de démontrer que tout groupe organisé crée une mémoire qui lui est propre. Il affirme "On ne se souvient jamais seul".

 

               De plus, nous pourrions penser que le passé est un temps révolu et que seul le présent ait une réelle importance car vivre est dans l'instant présent. Nous pourrions donc concevoir que se souvenir du passé est une forme d'attachement à un temps dans lequel nous ne sommes plus et que nous n'avons plus aucune emprise sur ce passé. L’oubli signifie ne pas se souvenir, ne pas se rappeler, c'est un effacement.

Nous pourrions donc oublier tous les faits qui se sont déroulés pendant la Seconde Guerre mondiale et « vivre » notre présent, oublier ce que des millions de personnes ont vécu mais quels en seraient les conséquences ? Si le monde ne se souvenait plus de ces événements telle que la déportation des juifs, de ces lieux comme les camps d'exterminations, quelles en seraient les répercutions ? Sans nos souvenirs de la Seconde Guerre mondiale ou des informations que l'on nous a transmis, personne n'aurait conscience de l'atrocité de ces actes et nous pourrions donc craindre un reproduction des monstruosités ayant eut lieu. Par exemple, si chaque jour nous ne nous remémorions pas du précédent, ce que nous avons effectué au court de la journée, chaque jour serait comme « nouveau ». Nous réaliserions les mêmes actes, nous recommencerions chaque fois les mêmes choses sans en avoir conscience puisque nous ne nous souvenons pas de la veille. Dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, l’exemple peut, peut être, s'appliquer de la même façon puisque dans le cas de l'oubli de ces déportations, meurtres et autres crimes, personne ne pourrait prendre conscience de l'horreur de ces faits puisque aucun souvenir n’existerait. « Ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le répéter » disait George Santayana, écrivain et philosophe américain.

L'oubli ne doit donc pas se produire, nous devons tous nous souvenir pour ne pas avoir l'idée de réaliser ces faits. Primo Levi, écrivain italien et survivant de la Shoah, l'exprime dans cette citation :

« Peut-être que ce qui c'est passée ne peut pas être compris, dans la mesure où comprendre est presque justifier… 

Si comprendre la haine est impossible, la connaître est nécessaire parce que ce qui est arrivé peut recommencer, les consciences peuvent être à nouveau être déviées et obscurcies… la nôtre aussi. »

Afin de lutter contre l'oubli, le devoir de mémoire est donc essentiel.

               Le devoir de mémoire est le devoir moral de se souvenir des souffrances subies dans le passé par certaines catégories de la population.

Il est donc nécessaire de ne pas oublier. Le passé pourrait prendre la forme d'un devoir, c'est à dire comme une évidence dans le monde présent.

Il faut parler des camps d'exterminations pour éviter que cela se reproduise, un travail sur la mémoire est indispensable à tous les citoyens et futurs citoyens.

Nous devons mentionner les génocides telle que la Shoah pour empêcher que cela se perpétue. Depuis ce génocide, d'autres ont eu lieu comme au Rwanda (En 1994, environ 800 000 morts). Malgré cet entretien de la mémoire et cet essai d'obtenir un monde sans atrocité, certains faits se reproduisent encore et montrent ce que certains êtres humains peuvent encore infliger de nos jours.

Le devoir de mémoire peut donner lieu et s'exercer à travers différentes actions :

Les cérémonies commémoratives, qui est l’occasion d’honorer la mémoire des combattants et des victimes de guerre. Elles sont un outil important de transmission de la mémoire aux jeunes générations. Par exemple, le 29 avril est la journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation. Aussi, le 23 août est la Journée européenne en souvenir des victimes de tous les régimes totalitaires et autoritaires.

Les lieux de mémoire participent aussi au devoir de mémoire avec les monuments aux morts tels que le musée et mémorial d'Auschwitz – Birkenau qui perpétue le souvenir des victimes de la solution finale (mesures qui vont conduire à l'extermination massive des Juifs d'Europe) et génocide organisée par les nazis


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ainsi que le mémorial de la Shoah, à Paris, musée consacré à l'histoire juive durant la Seconde Guerre mondiale.

Les témoignages tels que « Quand les bombes tombaient sur Nantes » de Robert Boiziau et « Le journal d'Anne Frank » d'Anne Frank nous informent des événements de la Seconde Guerre mondiale. De nombreux autres témoignages oraux et écrits existent et renseignent les générations plus jeunes sur les conditions, les actes de cette guerre.

Les expositions sont aussi présentes pour transmettre et préserver ces faits. A paris, l'exposition « C'étaient des enfants. » en 2012, nous fait voir la guerre à travers l’enfance. L’exposition s’attache à leur redonner un nom, une mémoire, une histoire.

Le devoir de mémoire peut aussi prendre la forme de textes de loi tel que l'article 212-1 du chapitre II de la partie législative du code pénal définissant le crime contre l'humanité. Ce devoir s'exprime aussi dans les programmes d'enseignement où les jeunes apprennent les événements de cette guerre. De la même manière dans les œuvres musicales, la chanson « Nuit et Brouillard » de Jean Ferrat, commémorant les victimes des camps d'extermination nazis de la Seconde Guerre mondiale, de même que des poèmes tel que « Auschwitz et après » de Charlotte Delbo.

 

Nous pouvons alors nous apercevoir que le devoir de mémoire est énormément présent afin d'échapper au renouvellement des faits de la Seconde Guerre mondiale.

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